Dans la pratique, cette action est parmi les plus délicates à mener :
-le soutien à la parentalité n’est pas heureusement un cadre contraignant dans lequel nous pourrions obliger les parents à assumer leurs responsabilités éducatives.
-de telles actions doivent éviter la normativité ou une approche moralisatrice, sur « qu’est ce qu’être un bon parent ? », sans parler de la prise en compte de l'interculturalité, lorsqu’on travaille avec 50 nationalités.
-elles doivent éviter également de « faire à la place de … », ainsi que toute démarche trop intrusive.
-La question du temps libre, pendant lequel le parent va pouvoir partager un temps avec son enfant, et l’adaptation de nos crénaux d’activités au rythme des familles est un enjeu supplémentaire.
Etre parent aujourd’hui, pour certaines familles, est source d’angoisse : angoisse face aux impératifs de la performance dictés par notre société aujourd’hui (suis-je à la hauteur ? comment faire pour que mon enfant réussisse absolument ?), angoisse quand on vit dans des quartiers « difficiles » (pour la mère seule qui travaille, comment éviter à mes grands enfants les risques et les mauvaises fréquentations ? ; comment assurer leur réussite notamment quand l'argent manque, quand je ne maîtrise pas le français ?).
Nous devons trouver la démarche, le positionnement adaptés, en pensant à l'intérêt de l'enfant et de son développement, ainsi qu'à notre engagement pour le droit des femmes à ne pas être que des mères …
Quelques exemples mettent en avant quels de critères de réussite : patience et lente instauration de la confiance, qualité des actions, des intervenants, des locaux, proximité et rôle de relais vers les personnes les plus compétentes.
Dans nos structures petite enfance, nous sommes attachés à une dimension humaine où chacun est considéré dans son individualité, son histoire et/ou sa culture. Tout ce temps difficilement quantifiable passé à aller à la rencontre de l’autre, qui n’est d’ailleurs que difficilement quantifiable, a permis à de nombreuses familles de la halte de faire état de leurs difficultés, mais pas seulement, dans la relation avec leur enfan. Ce lien de confiance a permis à un certain nombre de mamans, mais après plusieurs années, d’aborder des problématiques particulièrement difficiles, voire taboues : la place de la femme dans la famille, les violences conjugales, les problèmes de logement et/ou de précarité.